Un sondage Odoxa publié le 29 février 2020 confirme le désamour des Français pour l’Union Européenne. Cette dernière était une source d’espoir pour 61% de nos compatriotes en 2003, elle ne l’est plus que pour 26% d’entre eux tandis que pour 39% elle est devenue une source de crainte ! Enfin, pour 35% elle n’est ni l’une ni l’autre, ils ont perdu leurs illusions.
Sans surprise, ce sondage montre que c’est parmi les classes privilégiées des villes que les partisans de l’UE sont les plus nombreux tandis que les classes populaires rurales sont les moins favorables (on retrouve dans ce sondage l’opposition métropoles/périphérie). Une grande majorité de Français pensent que l’UE est inefficace ou très inefficace dans tous les domaines qui leur étaient proposés : lutte contre le terrorisme (55%), fiscalité (70%), emploi (72%), environnement (72%) et immigration (80%).
Notons que si pour 55% des Français l’immigration est un problème prioritaire (et important mais pas prioritaire pour 35%), c’est l’emploi qui les préoccupe le plus (82%). Par ailleurs, une grande majorité d’entre eux (environ les deux tiers) estiment que l’Union Européenne a bénéficié aux seules classes supérieures, autrement dit, à leur avis, la politique imposée par l’UE accroit les inégalités ; ce qui est en ligne avec les constats faits par la plupart des économistes. La question sociale est donc omniprésente dans les esprits et les « nationaux-populistes » auraient tort de la négliger ; bien au contraire, ils doivent s’en saisir pour « plumer la volaille socialiste » s’ils veulent devenir le coeur d’un futur « bloc historique » national-populaire conformément à l’hypothèse formulée par Jérôme Sainte-Marie dans son dernier ouvrage. C’est d’ailleurs ce que semble être en train de faire Boris Johnson lequel tourne radicalement le dos à la politique thatchérienne ; le moment libéral-conservateur, tout comme le moment européiste, est derrière nous ; la tendance lourde va dans le sens du conservatisme national et social.
Pour ce qui concerne l’avenir, nos compatriotes pensent qu’il y aura davantage de mouvements sociaux du type « gilets jaunes » (82%), de gouvernements dits populistes ou autoritaires (70%) et de pays qui sortiront de l’UE (62%), au cours des dix prochaines années.http://www.odoxa.fr/sondage/percue-acceleratrice-inegalites-sociales-leurope-ne-plus-rever-francais-jeunes/

