Le 15 juillet, le premier ministre a déclaré devant l’Assemblée nationale : ‘’La France c’est la République’’. Le même jour, le ministre de l’intérieur s’est rendu à Etampes suite à l’agression d’un pompier qui a essuyé un coup de feu ; à cette occasion, il a fait une déclaration au cours de laquelle il a prononcé un grand nombre de fois le mot « république » » mais jamais les mots « nation » ou « France ». Gérald Darmanin a expliqué que cette agression était dirigée contre la République mais est-il certain que l’agresseur en voulait à nos institutions ou plutôt au Français qu’est le pompier blessé ?
Michel Onfray qui participait le même jour à l’émission de Christine Kelly sur C News a fait très justement remarquer que la France ce n’est pas la République et que le moment républicain dans lequel nous sommes encore a été précédé par d’autres moments dont certains ont été beaucoup plus longs. Il y eut deux moments impériaux, deux moments de monarchie constitutionnelle, un long moment de monarchie absolue, un moment féodal….et il y eut même un moment vichyssois. La France c’est tout cela mais pour les héritiers de 1789/1793, la France est née avec la Révolution française et restera une « république » d’inspiration libérale-jacobine (Gaspard Koenig) jusqu’à la fin des temps.
Rappelons à nos républicains que la République elle-même a connu différents moments et que le moment initié par le général de Gaulle fut, pendant seize ans, c’est-à-dire jusqu’au début du septennat de Giscard d’Estaing , lequel fut aussi libéral qu’anti-gaullien, très différent du moment qui précéda et de celui qui suivit (depuis 1974, tous les présidents ont trahi d’une façon ou d’une autre l’esprit de la « monarchie républicaine » voulue par l’homme du 18 juin).
La tournure que prennent les choses incite à penser que leur « république » a du plomb dans l’aile et qu’il est probable que tôt ou tard, elle disparaîtra et laissera la place à autre chose. Pour ma part, je souhaite la disparition de cette « république » qui tue notre nation (Darmanin, Castex, et leurs complices, ont déjà oublié qu’il y a une nation française ; je rappelle qu’ils viennent tous les deux du parti de Sarkozy et je remarque qu’ils sont sur la même ligne que Mélenchon, sur ce point essentiel). Mais, ne vous y trompez pas, je ne souhaite pas le remplacement de la « gueuse » par une nouvelle monarchie de droit divin, par un régime néo-fasciste ou pire encore. Non, j’espère que nous parviendrons à créer une nouvelle république qui sera débarrassée des fondements libéraux (individualistes et progressistes) de l’idéologie de la Révolution française et qui renouera avec ceux du républicanisme classique lequel avait pour foyer focal non pas l’individu mais la patrie.
Cicéron, qui fut le dernier grand défenseur de la république romaine, a écrit : ‘’Les plus nobles, ce sont les soins accordés au salut de la patrie’’ (De la République, VI, XXVI) et un autre célèbre partisan de la république, Machiavel, considérait que la pérennité et les intérêts vitaux de la patrie devaient être les priorités des dirigeants politiques. Quant à Charles de Gaulle, il considérait que le destin de la France devait prévaloir sur tout le reste.
Pour Cicéron, Machiavel et De Gaulle la patrie n’était pas une idée, celle de l’émancipation totale de l’individu, mais une communauté historique et culturelle particulière à laquelle il faut apporter les plus grands soins.

