L’OSCE a publié un texte étonnant dans lequel l’immigration est clairement désignée comme étant une très mauvaise solution pour les pays de départ aussi bien que pour les pays d’arrivée. Ce rapport préconise une politique nataliste audacieuse qui permettrait, à la fois, de résoudre la pénurie future de main-d’œuvre et l’équilibre du système de retraite par répartition, tout en mettant un terme à l’immigration.
La politique migratoire des États occidentaux est imposée par leurs patronats respectifs depuis très longtemps ; ainsi, le général de Gaulle reprochait déjà à Georges Pompidou de favoriser l’immigration (cf. « C’était de Gaulle » d’Alain Peyrefitte) laquelle a le mérite, aux yeux des dirigeants d’entreprises, de mettre la pression sur les salaires.
Les idéologies libérales, libertaires et socialistes sont favorables au « laissez-faire », « laissez-passer » en matière d’immigration, à l’ouverture des frontières et à la disparition des communautés nationales au profit d’une société mondiale d’individus sans racines et totalement « émancipés » ; elles accompagnent donc naturellement la politique voulue par l’oligarchie ploutocratique.
Les Français sont nettement opposés à l’immigration qui nous est imposée, comme le montrent le très grand nombre d’enquêtes d’opinion qui ont été réalisées au cours des trente dernières années. Ces sondages indisposent les idéologues de gauche qui font des contorsions pour essayer de démontrer qu’ils ne reflètent pas la réalité de l’opinion publique mais, simultanément, ils refusent obstinément l’éventualité d’un référendum sur l’immigration, parce qu’au fond, ils savent très bien quel en serait le résultat. Ils sont malhonnêtes et ils ne respectent pas la volonté de la majorité, contrairement à ce qu’ils disent.
Il y a une exception notable toutefois, le Danemark, où les socialistes ont adopté une politique très restrictive, sans doute même la plus restrictive d’Europe, pour limiter drastiquement le flux de migrants. Entre le modèle social danois et l’immigration, les socialistes danois ont choisi de privilégier le premier.
Les dirigeants du parti socialiste danois ont pris le temps de lire l’ouvrage des économistes de Harvard Alberto Alesina et Edward Glaeser qui ont expliqué que plus les sociétés sont hétérogènes, moins il y a de confiance entre les citoyens et plus il est difficile de redistribuer les richesses. Ils pensent même que si le socialisme ne s’est pas développé aux USA , c’est parce que ce pays est multiracial. Les socialistes danois ont fait faire une étude sur la situation dans leur pays qui leur a permis de constater que l’immigration met le système social de ce pays en péril. Suite à cela, ils ont décidé de changer totalement d’orientation et de mettre un terme à l’immigration, ce qui leur a permis de revenir aux affaires et de réduire à presque rien le parti « populiste » qui a perdu les trois quarts de ses électeurs.
Comme nous l’avons déjà dit, le républicanisme authentique vise à la pérennité de la communauté nationale et à l’autonomie politique du peuple qui doit seul décider ‘’de ce qui est essentiel à son destin’’ (Charles de Gaulle) ; or, l’immigration transforme le peuple français et cela semble « essentiel » à une majorité de nos compatriotes. Il revient donc au peuple français de décider par référendum de ce qu’il convient de faire ; c’est la seule méthode acceptable du point de vue républicain. Le refus des dominations arbitraires qui est un élément fondamental du républicanisme, conduit nécessairement à rejeter les dominations exercées par les coteries politiciennes et intellectuelles au nom de leur prétendue supériorité morale. Les « valeurs de la république » dans lesquelles ils se drapent, sont en fait libérales ou socialistes, selon les cas, mais pas républicaines. Il n’y a rien dans la philosophie républicaine classique qui interdise à un peuple de contrôler les frontières de son territoire et de choisir les personnes qu’il laisse entrer chez lui, bien au contraire.
Au sujet de l’immigration, les idées évoluent ; nous en voulons pour preuve la publication, en février 2025, d’un rapport de l’OSCE qui est très défavorable à l’immigration : ‘’L’immigration peut fournir des travailleurs et offrir un certain soulagement, mais ce soulagement n’est que temporaire et s’accompagne de conséquences complexes et imprévues. Les défis de l’intégration des personnes issues de cultures étrangères sont multiples et largement connus, notamment la difficulté de maintenir la cohésion sociale et la confiance au sein de la communauté, avec d’autres dangers possibles sous la forme d’extrémisme et d’antisémitisme, et la hausse de la criminalité comme la violence sexiste. De plus, la migration ne résout pas le problème démographique à long terme : c’est une réalité souvent négligée que les immigrants vieillissent également et auront éventuellement besoin de soutien. Cela signifie que le nombre de personnes âgées dans la société ne diminue pas à long terme (comme cela peut être le cas dans des pays à faible immigration comme le Japon et la Hongrie). Cela crée un besoin perpétuel d’une croissance exponentielle et insoutenable du nombre de nouveaux immigrants simplement pour maintenir un effet à court terme sur la pyramide des âges d’une population’’ (Gudrun Kugler ; OSCE). L’accroissement démographique que nous avons connu au XXe siècle arrive à son terme et la population mondiale vieillit partout, ce qui va poser des problèmes dans tous les pays, y compris en Afrique : ‘’L’étude prévoit que d’ici 2050, les trois quarts des pays auront des taux de fécondité inférieurs au seuil de remplacement de la population, pour atteindre 97 % en 2100. À l’échelle mondiale, l’indice synthétique de fécondité devrait passer de 2,23 naissances par femme en 2021 à 1,68 en 2050, puis à 1,57 en 2100’’ (Gudrun Kugler ; OSCE) Dans ces conditions, les problèmes liés à l’émigration des personnes les mieux formées vers les pays les plus développés ne vont faire que s’accroître : ’’La fuite des cerveaux compromet le développement des pays d’origine, les privant de talents locaux et représentant une perte d’investissements en capital humain (éducation, formation, etc.). Ces préjudices éclipsent souvent les bénéfices potentiels des transferts de fonds. Il faut garder à l’esprit que la fuite continue des cerveaux des personnes les plus instruites dans un pays en développement entrave leur développement futur et exerce une pression sociale, entraînant souvent la séparation des familles, sans prise en charge ni solidarité intergénérationnelle pour les personnes âgées restées dans leur pays d’origine’’ (Gudrun Kugler ; OSCE). La politique d’ « immigration choisie » que promeuvent les gouvernements occidentaux est une politique de pillage des pays en voie de développement qui est présentée, de manière très hypocrite, comme une attitude morale et généreuse.
Le Dr Gudrun Kudler, qui a rédigé ce rapport, note très justement que ‘’L’immigration est souvent marquée par des défis liés à l’intégration d’un grand nombre de migrants, en particulier lorsque les pays d’origine et de destination sont culturellement éloignés l’un de l’autre. Les risques potentiels peuvent inclure des conflits culturels et des valeurs très différentes, de grandes disparités en matière d’éducation, ainsi qu’un chômage élevé et une pression sur les services sociaux. On observe en partie une augmentation notable de l’extrémisme, notamment de l’antisémitisme, de certaines formes de criminalité, comme la violence sexiste, et des menaces terroristes. De plus, la polarisation politique et les visions très différentes créent des tensions, ce qui rend difficile la recherche d’une approche unifiée de la gestion de l’immigration et des demandeurs d’asile’’ (Gudrun Kugler ; OSCE). En effet, l’immigration a de lourdes conséquences dans des domaines très variés. Elle contribue à détruire l’homogénéité culturelle des pays recevant des immigrés sans laquelle la pratique de la démocratie, la solidarité et même la vie commune sont inévitablement compromises. L’hétérogénéité culturelle et ethnique créée par l’immigration contribue à abaisser le niveau de confiance interpersonnelle et à rendre difficile toute politique sociale comme nous l’avons dit précédemment (Alberto Alesina et Edward Glaeser : « Combattre les inégalités et la pauvreté »). La politique sociale, basée sur la fraternité des compatriotes, de ceux qui appartiennent à la même communauté nationale, est rendue progressivement impossible quand cette communauté est constituée de groupes qui ne partagent pas la même culture, y compris la même culture politique, ni la même idée de l’intérêt public.
De plus, l’immigration coûte cher (54 milliards d’euros par an selon Jean-Paul Gourévitch mais certaines estimations sont beaucoup plus importantes, jusqu’à 192 milliards par an) contrairement à ce que disent les libéraux et les socialistes.
Le nombre de nationaux au chômage est déjà très important et il serait préférable de revaloriser financièrement certaines professions plutôt que d’importer des travailleurs tout en versant des indemnités de chômage à des nationaux sans emploi. Le prix Nobel d’économie Edmund Phelps a imaginé un système qui permettrait de subventionner les emplois pénibles et/ou contraignants de façon à les rendre attractifs, ce qui permettrait de remettre dans le circuit du travail des personnes sans emploi et de substituer des travailleurs nationaux à des travailleurs immigrés (Edmund Phelps ; « Rémunérer le travail »).
Le vieillissement qui commence à frapper notre pays va nous poser d’énormes problèmes. La solution ne passant pas par l’immigration, l’OSCE admet que seul le renouveau de la natalité permettra de rétablir les équilibres : ‘’L’une des priorités est de réduire l’infécondité et de favoriser des taux de fécondité plus élevés’’ (Gudrun Kugler ; OSCE). Pour cela, il faudra procéder à des changements culturels et sociétaux favorables à la vie familiale : ‘’Une vaste transformation culturelle est nécessaire pour créer un environnement favorable à la formation de la famille et à sa stabilité dans le temps, à l’éducation des enfants et à l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée. Cela implique de favoriser des attitudes positives envers la parentalité, le mariage et la vie de famille, en soulignant la valeur de la stabilité des structures familiales. Les efforts devraient également viser à restaurer le prestige sociétal et la reconnaissance des rôles des mères et des pères. Favoriser un tel environnement nécessite un effort collaboratif de tous les secteurs de la société. Le problème du changement démographique ne peut être résolu par la seule politique gouvernementale. La société civile, y compris les communautés, les entreprises et les organisations locales, doit s’impliquer activement dans le soutien aux familles et encourager les pratiques favorables à la famille dans toute la société. Cette approche collective peut créer un environnement plus favorable à l’éducation des enfants et à la vie de famille’’ (Gudrun Kugler ; OSCE). C’est à un changement en profondeur que l’OSCE appelle puisqu’elle promeut une restauration des valeurs familiales qui, certes, prend en compte les aspirations et les besoins contemporains des femmes, aussi bien que celles des hommes : ‘’Les recherches indiquent que les mariages stables sont plus susceptibles de donner naissance à des familles plus nombreuses, de réduire la pauvreté, d’avoir des enfants ayant un niveau d’éducation plus élevé et de réduire considérablement les problèmes de santé mentale. Les politiques et programmes qui favorisent et soutiennent la stabilité du mariage et la cohésion familiale contribuent à des taux de natalité plus élevés et offrent un environnement plus sûr pour élever des enfants. À l’inverse, les politiques devraient se concentrer sur la lutte contre les facteurs sociétaux et économiques qui contribuent aux taux de divorce élevés et à l’instabilité des structures familiales, car ceux-ci peuvent saper les incitations à la procréation’’ (Gudrun Kugler ; OSCE). Mais cette politique familiale, pour réussir, doit permettre aux familles d’accueillir des enfants dans de bonnes conditions, ce qui implique des aménagements économiques : ‘’Les mesures financières à long terme sont un élément nécessaire pour soutenir les familles dans leurs pressions financières. À cette fin, les mesures favorables à la famille devraient faire l’objet d’un consensus au-delà des idéologies politiques et bénéficier d’un soutien multipartite, comme la création d’une fiscalité favorable à la famille et aux enfants, des incitations favorables à la famille, des logements abordables adaptés aux familles, des contenus télévisés adaptés aux familles et aux enfants, des programmes scolaires adaptés aux familles, des services de garde d’enfants abordables et de haute qualité, etc. Les incitations financières pour les familles pourraient inclure des avantages fiscaux directs, des primes de retraite pour les parents et des réductions des coûts liés à l’éducation des enfants (par exemple, une TVA réduite sur les produits pour bébés). Une approche globale et équitable est essentielle pour garantir que les deux parents puissent participer pleinement à l’éducation des enfants et à la vie de famille. Les gouvernements devraient identifier et éliminer les obstacles juridiques, économiques et sociaux à la parentalité qui existent dans les systèmes actuels. Il peut s’agir des lois fiscales, des réglementations du travail et des politiques sociales qui dissuadent les individus ou les couples d’avoir des enfants. Le troisième enfant incarne la croissance démographique : certains pays offrent des subventions spéciales pour le troisième enfant. Il a également été démontré que l’accession à la propriété incite à avoir davantage d’enfants. Il est donc pertinent d’accompagner les jeunes familles vers l’accession à la propriété……….Les taux d’imposition, tels que l’impôt sur le revenu des personnes physiques et les cotisations de sécurité sociale, pourraient être ajustés proportionnellement au nombre d’enfants d’un contribuable, car les coûts liés à l’éducation des enfants représentent une contribution à l’ensemble de la société’’ (Gudrun Kugler ; OSCE).
Notre pays, comme tous les autres pays européens, souffre désormais d’un taux de natalité insuffisant mais les enquêtes montrent que les Français aimeraient avoir, en moyenne, plus d’enfants qu’ils n’en ont en réalité, parce que des problèmes matériels s’opposent à la réalisation de leurs aspirations familiales. En 2020, ils souhaitaient avoir 2,39 enfants par femme, soit 0,58 enfant de plus que le taux réel. Une politique familiale devrait nous permettre de ne plus avoir recours à l’immigration et de remédier aux problèmes liés au vieillissement. La robotisation et l’utilisation de l’intelligence artificielle permettront aussi d’améliorer la productivité et donc de pallier au manque de personnel.
Il va de soi qu’il faudra aussi mettre un terme au regroupement familial et renvoyer les étrangers en situation irrégulière, délinquants ou sans emploi, ainsi qu’à toutes les mesures sociales qui contribuent à attirer des étrangers.
En contrepartie, nous devons aider activement les pays les moins bien lotis à sortir de leur dénuement ; la coopération avec ces pays est un devoir mais elle contribuera à faire baisser la pression migratoire.

